Réflexions & usages des sels de nicotine (par Mickaël Hammoudi)

Vivre son sevrage tabagique sereinement grâce à la vape

Réflexions & usages des sels de nicotine (par Mickaël Hammoudi)

Dossier 2

Cet article n’est pas de moi.
Il a été écrit le 22 juin 2018 par Mickaël Hammoudi (Alias Mcortex).
Je ne fais que le retranscrire ici en intégralité, pour être en mesure de faire profiter les vapoteurs n’étant pas fans des réseaux sociaux.
Ce dossier effectué six mois après le premier, traite de mes retours d’expériences et connaissances sur le sujet hautement vaste que sont les sels de nicotine. Nous manquons encore en France cruellement de donnée sur ses manières de fonctionner ou d’études sur les décompositions, aussi voyez ce dossier comme un retour d’utilisateur passionné par le sujet et surtout l’arrêt de la cigarette avec la vape. Je ne suis pas scientifique, je ne suis pas médecin, je suis un autodidacte curieux. Mes constatations ne peuvent être considérées comme acquises.

1 – Les sels de nicotine plus généralement

Comment obtient-on un sel de nicotine ?

Pour obtenir un sel de nicotine, associer de la nicotine base à un acide, le transformer ou non et caractériser le contenu pour en connaître sa composition. Attention ce n’est pas aussi simple, c’est de la vulgarisation. Le secret réside dans la formulation pour tous les sels et la méthode.
En fonction du processus de transformation, un sel de nicotine produit fini peut contenir de l’acide libre n’ayant pas réagi ou de la nicotine base libre, ou les deux, ou ne pas en contenir aussi. Dans le cas où il n’y a pas de trace d’acide ou de nicotine base, on a donc un sel de nicotine 100% caractérisé, c’est-à-dire exempt de tout autre composé.

Comment fonctionne l’acide ?

Les familles de sel les plus connus sont benzoates, levulinates et tartrates. Il y a les mono-sels et les di-sels. Les mono-sels s’obtiennent généralement sans manipulation de transformation/réduction/retrait/ajout et les di-sels subissent un processus de transformation spécifique avec ajout.
A titre d’exemple non limitatif, les acides largement répandus sont l’acide salicylique, l’acide sorbique, l’acide benzoïque, l’acide laurique… Donc le choix de la formulation est important pour obtenir tel ou tel résultat, soit 100%, soit avec de l’acide libre ou soit avec de la nicotine base libre. La magie de la chimie.
L’acide semble agir dans la formulation du sel sur la capacité de la nicotine à se fixer sur les récepteurs nicotiniques afin de stimuler la zone de récompense du cerveau et aussi un peu plus bas dans les intestins, c’est une question de fixation mais la quantité apportée à l’organisme pour deux produits à 20mg/ml est par logique la même entre sel de nicotine et nicotine base.

Alors, c’est du Sel, comme pour mon steack ?

Eh bien, oui … et non. Il existe de nombreuses définitions scientifiques des sels, et ils vont au-delà de la substance blanche (ou peut-être rose ou bleue) que vous associez à une saveur «salée». Fondamentalement, la base de cette substance traite de l’équilibre du pH, ce qui signifie que cela fait appel à la chimie.
Il y a divers acides utilisés et ceux-ci agissent différemment. Faire un sel de nicotine, c’est faire du rétro-ingeniering afin d’aller retrouver la nicotine sous sa forme primaire qui peut, soit se présenter sous forme de cristaux après manipulation, ou sous forme liquide en fonction des processus de transformation.
La nicotine trouvée sur les feuilles de tabac est plus acide que celle trouvée dans l’extrait de nicotine base – pensez au tabac ayant une acidité d’environ 5 sur l’échelle de pH 0-14, alors que la nicotine typique dans l’e-liquide est plus alcaline, quelque part autour de 8.
La nicotine base communément utilisée est créée lorsque l’on en retire des protons, pour ce faire on y ajoute une base comme l’ammoniaque pour éliminer tous les protons qui s’y trouvent et séparer les sels présents afin de créer une forme de base libre de nicotine. D’où les appellations un peu barbares de base de nicotine protonnée ou non protonnée.

Alors, ça monte plus vite ?

Cela semble se fixer différemment dans la majorité des cas, ça semble pénètrer différemment et parfois plus longtemps, ce qui est certain, c’est que c’est majoritairement différent. La nuance est importante et dépend de la famille d’acide utilisée et de la formulation comme expliqué plus haut. Le sel Benzoïque par exemple réagit plus vite mais la persistance est moindre selon mes essais.
Bien souvent les constatations allant dans le sens d’un effet plus rapide ou plus important sont le fait de personnes habituées à vaper avec un faible taux de nicotine qui lorsqu’elles vapent en sels dosés à 20mg/ml oublient que ce qu’elles attribuent au sel est simplement une conséquence du dosage ou titrage.

L’avantage c’est quoi versus la nicotine base ?

En gros un hit beaucoup plus faible, plus agréable pour les taux de nicotines élevés. Cela permet aux personnes ayant besoin d’un taux de nicotine important mais ne supportant pas le « hit » (contraction du larynx) produit par la nicotine base, de pouvoir vaper à un taux confortable, c’est souvent le cas de primo-vapoteurs ou de personnes souffrant d’insuffisances respiratoires ou encore de fumeurs ayant la gorge très irritée par la fumée du tabac. C’est ce qui est à retenir.

Pourquoi une faible température/puissance ?

Le risque « théorique » c’est la dégradation et les interactions moléculaires non contrôlées à forte température comme sur les di-sels a base d’acide benzoïque ayant subi une transformation préalablement pour être formulés et pouvant en produit fini contenir de l’acide libre. Cet acide est plus adapté aux pods et atomiseurs MTL (tirage serré, bouche vers poumon) à faible puissance (Clearomiseur ou Dripper).
Les sels formulés à partir d’acides alimentaires dans la majorité des cas, permettent plus de choses en tolérance de température/puissance. Mais dans les deux cas il faut plus de données, aussi je recommande le bon sens à la vue de la bibliographie actuelle et souvenez-vous la nicotine n’aime pas la chaleur, celle-ci la rend moins efficace qu’elle soit sel ou base.

Et je l’utilise avec quel genre de matériel?

Etant donné le peu d’étude françaises disponible à ce sujet, c’est à vaporiser à faible puissance et valeur de résistance haute, rapport fonctionnel : 11 watts/1,6 ohms. Par exemple : cubis pro, Gs Air, Infinix, Nautilus, Zénith …

2 – BPCO, Emphysèmes, asthme… et sels de nicotine

« Réflexions » concernant les sels de nicotine et les personnes souffrant d’affections respiratoires

Schématiquement ces personnes respirent plus difficilement et leur organisme à plus de mal à s’oxygéner. La problématique est de pouvoir correctement se substituer en nicotine alors qu’elles disposent d’une capacité pulmonaire réduite et que bien souvent il s’agit d’anciens gros fumeurs.
En effet le plus souvent à cause de la sensibilité de leurs voies respiratoires, elles sont dans l’incapacité de vaper en nicotine base à un taux supérieur à 6mg/ml à faible puissance (8/10W) à cause du hit, les conséquences sont une toux douloureuse, l’angoisse d’avoir mal à nouveau lors de l’inhalation suivante, une substitution nicotinique insuffisante imposant le recours à d’autres compléments, mais surtout l’absence de plaisir.

Constatations dans mon entourage :

Le sel benzoïque permet d’adoucir le hit et d’augmenter le taux de nicotine efficacement, meilleure fixation que la nicotine base mais persistance beaucoup plus faible ce qui impose de vaper plus souvent qu’avec la nicotine base. Cependant outre la modification des saveurs l’effet secondaire chez nombre de personnes est une irritation accrue des voies respiratoires dès les premiers jours rendant la vape tout aussi désagréable à court terme (3 jours au plus).
Seule solution trouvée alterner sel de nicotine et nicotine base mais peu probant à l’usage.
Je n’ai pas d’éléments scientifiques à disposition concernant les caractérisations mais compte tenu des observations que j’ai pu faire sur les résistifs, il me semble que dans cette formulation, en général, il doit peut-être rester des traces d’acide ou aussi de la nicotine base.
Le mono-sel à base d’acide alimentaire permet d’adoucir le hit, fixation similaire à la nicotine base sur le ressenti. Pas de modifications des saveurs mais surtout aucun effet secondaire désagréable constaté.
Là encore pas d’éléments scientifique à ma disposition mais quelques constatations, la plage d’utilisation est plus large en terme de puissance et de valeur de résistance, les personnes qui vapaient avec difficultés et qui voyaient leur défume mise en danger vapent désormais avec du plaisir pour la première fois.
Je finirais sur une note optimiste pour ce chapitre, je connais des personnes souffrant de BPCO à un stade avancé qui vapent depuis plusieurs années qui ont retrouvé du plaisir depuis plusieurs mois et qui ont vu leur état s’améliorer, en particulier une qui m’est chère et dont les derniers examens ont montré une disparition de ces symptômes. Même si bien évidemment c’est dû à l’arrêt du tabac, j’aime à penser que la notion de plaisir a accéléré cette rémission. Si la rémission de la BPCO est une bonne nouvelle, ses conséquences comme les emphysèmes sont eux irréversibles. C’est important car si la BPCO est détectée trop tard et que le stade est avancé, il y a peu d’espoir. Les deux choses qui peuvent sauver de la BPCO sont 1 l’arrêt du tabac, 2 la détection précoce.

3 – Colite Ulcéreuse et sels de nicotine :

La colite ulcéreuse c’est quoi?

La colite ulcéreuse est une maladie inflammatoire de l’intestin dont les effets sont l’inflammation et la formation de lésions dans la paroi du rectum et du gros intestin (côlon). C’est une affection chronique, bien que ses symptômes puissent disparaître pendant plusieurs mois avant de se déclarer à nouveau. Les symptômes possibles sont des saignements rectaux, des diarrhées sanglantes, des crampes abdominales et des douleurs. Cette maladie se déclare souvent à l’arrêt du tabac car il y a un point de liaison, la nicotine.

Constatations

J’étais vapo-fumeur et sous dosé pendant de nombreuses années et j’avais des crises extrêmement régulières, c’est douloureux, parfois très handicapant ou gênant car les crises sont incontrôlables quand on ne sait pas ce qu’il se passe. Sans compter qu’à chaque consultation, mes médecins n’ont jamais rien trouvé.
Cela va faire déjà plus de trois ans que je suis à 20mg de nicotine par millilitre avec une consommation de quatre millilitres par jour soit 80mg du lever au coucher. Et cela fait désormais dix mois que je vape exclusivement des sels de nicotine mono-sel à base d’acide alimentaire en 20mg/ml. Et je n’ai pas eu de modification ou d’amélioration constatée.
Là où les crises étaient régulières, je n’en ai plus, elles sont devenues « une autre époque ». Toutefois certains stress ou éléments de l’alimentation peuvent, en fonction des personnes, favoriser l’émergence des crises, les fibres, l’alcool, le chocolat.
La nicotine dans la vape peut effectivement être une aide contre la Colite Ulcéreuse selon mon avis, cet avis n’engage que ma personne, je ne suis pas médecin mais il faut aussi vivre avec son temps, les technologies d’administration évoluent.

Pour conclure

On trouve sur le marché des sels de différentes combinaisons, le secret réside dans la formulation et la caractérisation du mélange sel obtenu (acide + nicotine base) et surtout le matériel et les réglages de vaporisation ainsi que le matériau de la résistance elle-même.
Lire impérativement les recommandations du vendeur ou du fabricant et prendre connaissance de la composition. Les sels de nicotine demandent plus d’attention que la nicotine base que nous connaissons car vous l’avez compris, il en existe plusieurs. N’hésitez pas à apporter vos expériences ou connaissances si vous en avez sur le sujet. Je n’ai pas la prétention de tout connaitre aussi n’hésitez pas à me corriger.
Merci pour votre lecture.
Mickaël Hammoudi

 

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